Chants de Tradition de l'Ecole Spéciale Militaire de Saint Cyr

Saint Cyr : présentation

L'École spéciale militaire de Saint-Cyr est une école militaire d'enseignement supérieur français, qui forme des officiers des armes de l'armée de terre et une partie des officiers de la gendarmerie nationale. Elle fait partie des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (ESCC) implantées sur la commune de Bellevue Guer dans le Morbihan avec pour devise : « Ils s'instruisent pour vaincre ».

Liste des Chants disponibles

  1. Le pékin de bahut
  2. La Galette
  3. Les Casos
  4. Les fines
  5. Les officiers
  6. Motet pour le souvenir Français
  7. Promotion Lieutenant Tom MOREL
  8. Promotion Général LARGEAU
  9. Promotion Colonel CAZEILLES
  10. Le Bourgeois

 

Le pékin du bahut

 

Trois Saint-Cyriens sont sortis de l'Enfer
Un soir par la fenêtre
Et l'on dit que Monsieur Lucifer n'en est plus
Le Maître.
La sentinelle qui les gardait,
En les voyant paraître,
Par trois fois s'écria : "Halte-là ! Qui va là ?
Qui vive ?
"Et les trois bougres ont répondu :
Ce sont trois Saint-Cyriens, qui sont Pékins de Bahut !


Un soir dans une thurne immense
Six cents martyrs étaient assis.
Les uns disaient : Ah ! Quelle chance,
Dans six mois nous serons partis.
"Les autres, d'un air lamentable,
Contemplant leurs Anciens, avachis,
Disaient : "Dans six mois pauvres diables,
Comme eux nous serons abrutis."


REFRAIN

Ô Pékin de Bahut,
Viens nous t'attendons tous.
Nous leur ferons tant de chahut
Qu'à la pompe
Ils en seront fous.


Ô vous qui dans l'espoir de Cyr
Pâlissez sur de noirs bouquins,
Puissiez-vous ne jamais réussir,
C'est le voeu de vos grands Anciens.
Si vous connaissiez les horreurs
De la Pompe et du Bataillon,
Vous préféreriez les douceurs
De la vie que les Pékins ont.



Le 13 octobre 1860, la ville de Pékin est prise par les troupes françaises et le Palais d'Eté est pillé. Le mot " Pékin " entre bientôt dans le vocabulaire saint-cyrien, il signifie " débarrassé de " : être " Pékin de Bahut ", c'est donc quitter l'Ecole, être débarrassé " des horreurs de la Pompe et du Bataillon ".

Le Pékin de Bahut (ou PDB) est à la fois un chant et un cérémonie qui a lieu à la fin du mois de juillet, au moment de quitter la Spéciale. Ce moment est très important pour le Saint-Cyrien, car il marque le départ de l'Ecole, le début véritable de la vie d'officier, et à terme, la perspective d'une prise de commandement. Le PDB fait d'ailleurs l'objet d'un compte à rebours quotidiennement mis à jour et affiché en permanence au Grand Carré.

Avant 1945, au Vieux Bahut, les élèves se réunissaient devant le " Mur du Pékin ", dont le franchissement correspondait à leur départ de l'Ecole. Lorsque la Spéciale se replie à Aix-en Provence en 1940, les élèves continuent de franchir un " Mur du Pékin ".

En 1945, avec l'installation de l'Ecole dans le camp de Coëtquidan dépourvu d'enceinte, les Saint-Cyriens décident de se réunir au pied de la statue de Kléber pour attendre l'aube de leur dernier jour de présence à la Spéciale. Ce n'est qu'à partir du début des années 1970 que l'habitude est prise de gravir la Grande Bosse pour voir le soleil se lever une dernière fois sur la lande bretonne :c'est l'aurore resplendissante du PDB…


 

La Galette

 

Noble galette que ton nom
Soit immortelle en notre histoire,
Qu'il soit annobli par la gloire
D'une vaillante promotion.
Et si dans l'avenir ton nom vient à paraître,
On y joindra peut-être notre grand souvenir,
On dira qu'à Saint-Cyr où tu parus si belle
La promotion nouvelle vient pour t'ensevelir.

Toi qui toujours dans nos malheurs,
Fus une compagne assidue,
Toi qu'hélas nous avons perdue,
Reçois le tribut de nos pleurs.
Nous ferons un cercueil ou sera déposée
Ta dépouille sacrée, nous porterons ton deuil.
Et si quelqu'un de nous tient à s'offrir en gage,
L'officier en hommage fléchira le genoux Amis il nous faut réunir
Autour de la galette sainte,
Et qu'à jamais dans cette enceinte
Traîne son noble souvenir.
Que son nom tout puissant s'il vient un jour d'alarme
A huit cents frères d'armes serve de ralliement.
Qu'au jour de la conquête à défaut d'étendard,
Nous ayons la galette pour fixer nos regards.

Soit que le souffle du malheur
Sur notre tête se déchaîne,
Soit que sur la terre africaine
Nous allions périr pour l'honneur,
Ou soit qu'un ciel plus pur reluise sur nos têtes
Et que loin des tempêtes nos jours soient tous d'azur,
Oui tu seras encore Ô galette sacrée
La mère vénérée de l'épaulette d'or.

 


Chant de la promotion d'Isly de l'ESM de Saint-Cyr (1843-1845). Ecrit par l'élève officier Bouysset pour protester contre la disparition la « galette », épaulette réservée aux élèves les plus mal notés, qui sont souvent les plus chahuteurs, et dont ils s'enorgueillaient.

 

Les Casos

http://www.youtube.com/watch?v=Je_mL5XXt5o

Quand les Cyrards quittant l'Ecole
A Paris débarquent gaiement
Les casos frisés par le vent
Se répandent en bandes folles.
Ils flottent, ils flottent gentiment
Les casoars rouges et blancs.

Ils vont là où le coeur les mène
Au nid d'amour pour s'y griser
De caresses et de baisers
Dont ils sont privés en semaine.
Ils frôlent des minois charmants
Les casoars rouges et blancs.

Rouges et blancs, ils sont l'emblème
Des amours noyés dans le sang,
L'adieu que le Cyrard mourant
Fait porter à celle qu'il aime.
Ceux-là font couler bien des pleurs
Qui sont tombés au champ d'honneur.

Ils font l'objet des rêveries
Des mamans berçant leur bébé ;
Les potaches à l'air blasé
Leur jettent des regards d'envie.
Ils fuient rapides et légers
Comme des rêves ébauchés.

Mais là-bas quand à la frontière
Le canon les a appelés
Ils vont combattre en rangs serrés ;
Pas un ne regarde en arrière.
Ils sont les premiers à l'assaut
Les valeureux petits casos.

Tantôt les caresses des femmes,
Tantôt les balles et les boulets,
Aimer, mourir, c'est leur métier
De servir la France et les dames.
Voilà ce que disent en mourant
Les casoars rouges et blancs.

 


Paroles de J.B. CLEMENT des "Marie-Louise" (1911-1914), mort au Champ d'Honneur.

 

Les Casos, ou casoars, sont les plumets rouges et blanc disposé sur les Shako (sortent de képis)  des Saint Cyriens.

 

Les fines

Il est d'un usage constant
Qu'en tout pays et quand tout temps
Il soit au monde de bons enfants
Que l'on estime
On les appelle de noms d'oiseaux
De j'm'en foutistes, de rigolos
Mais à Saint-Cyr pour eux repos
Ce sont les Fines

Pourquoi les appelle-t-on ainsi
Nul encore ne l'a jamais dit
C'est qu'avec eux tout se finit
Tout se termine
Insoucieux de leur destin
Toujours joyeux et pleins d'entrain
Ils pompent seulement le Pékin
Ce sont les Fines

S'ils ont les calots bahutés
C'est sûrement pas par méchanceté
Ni pour braver l'autorité
Qui les taquine
Mais c'est qu'à tire-larigot
Qu'ils sortent ou qu'ils aillent au cachot
Ils font partout toujours calot
Ce sont les Fines Si leur tunique n'a pas d'cornard
Ils disent que ça viendra plus tard
Ça fait tout de même de bons cyrards
Que l'on estime
Et qu'on attend impatiemment
Car voyant Paris moins souvent
Ils ont plus de nerf et plus d'argent
Ce sont les Fines

S'ils terminent les listes de classement
C'est qu'à Saint-Cyr pendant deux ans
A faire la pompe éperdument
Ils ne s'échinent
Mais allez dans les salles de jeux
Sur les marbres blancs glorieux
Parmi tant de noms valeureux
Y a bien des Fines

 


A Saint Cyr, "les Fines" sont les délégués des élèves.

Les Officiers

Le dimanche à Versailles
Les saint-cyriens guerriers
Se rangent en bataille
Se mettant à chanter

Ref : Ohé! Ohé!
Vivent les Officiers de France
Ohé! Ohé!
Vivent les Officiers français


Sur le fort de Montrouge
Les canons sont braqués
Et si le Pékin bouge
On lui fera chanter

Si le Pékin rouspète
Il se fera tirer
Tirer sur les roupettes
Jusqu'au jugement dernier

Si ta femme est gentille
Pékin fais la passer
Sinon gare à ta fille
On lui fera chanter

Quand le soir en province
Un casoar parait
Toutes les femmes en pincent
Pour l'officier français

Quand nous irons en Chine
Les femmes des mandarins
Nous sucerons la pine
Au son des tambourins

Quand nous irons au pôle
Les femmes des esquimaux
Nous les rendrons plus molles
A grands coups de plumeaux

La France est notre mère
C'est elle qui nous nourrit
Avec des pommes de terre
Et des fayots pourris

L'Alsace et la Lorraine
En ont marre de plier
Sous la botte prussienne
On les entend chanter

Dans la lande bretonne
Le grand vent a soufflé
Et le monde s'étonne
D'entendre encore chanter

Combattre avec courage
Et mourir sans regret
C'est le fier apanage
De l'Officier français

 

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